DPE A et B : pourquoi ces logements sont devenus le nouveau standard
Depuis sa réforme en 2021, le Diagnostic de Performance Énergétique est passé d'un document indicatif à une véritable boussole pour le marché immobilier français. En 2026, posséder un bien classé A ou B n'est plus seulement un argument écologique : c'est devenu un atout patrimonial déterminant. Ce guide fait le point sur ce changement de paradigme et sur ce que cela implique pour les acheteurs.
Le DPE en 2026 : un classement opposable et déterminant
Le Diagnostic de Performance Énergétique classe les logements de A (très performant) à G (passoire thermique). Il prend en compte deux indicateurs : la consommation d'énergie primaire (en kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kgCO₂/m²/an). Depuis 2021, le DPE est opposable : un propriétaire peut être tenu juridiquement responsable d'un DPE erroné.
Concrètement, un logement classé A consomme moins de 70 kWh/m²/an, un B entre 71 et 110, un C entre 111 et 180. Au-delà, les classes D à G correspondent à des biens de moins en moins performants — voire à des passoires thermiques pour les G.
Pour rappel, les maisons passives certifiées Passivhaus dépassent ces standards, avec une consommation inférieure à 15 kWh/m²/an pour le chauffage seul. La RE 2020 impose pour les constructions neuves un niveau de performance correspondant en général à un DPE A ou B.
Pourquoi le DPE A ou B devient incontournable
Trois facteurs convergent pour faire des biens DPE A ou B le nouveau standard de référence.
Premier facteur : la pression réglementaire. Le calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques accélère le déclassement progressif des biens à mauvaise performance. Un logement classé F ou G devient progressivement invendable en l'état, ou décoté massivement par les acheteurs qui anticipent les travaux à venir.
Deuxième facteur : l'évolution des coûts énergétiques. Avec la hausse structurelle des prix de l'énergie observée depuis 2022, un bien à haute performance énergétique offre des charges divisées par deux ou trois par rapport à un bien classé D. Sur 20 ans de détention, l'écart de charges représente plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Troisième facteur : la valeur verte. Les études notariales mesurent désormais ce qu'on appelle la "valeur verte" : la différence de prix entre deux biens identiques sauf pour leur DPE. Elle atteint en moyenne 6 à 14 % entre un bien A/B et un bien D/E, selon les régions. Cette prime ne cesse de s'élargir.
Le calendrier d'interdiction des passoires thermiques
La loi Climat et Résilience a posé un calendrier d'interdiction progressive de location des logements énergivores :
- Depuis le 1er janvier 2025 : interdiction de louer un logement classé G
- À partir du 1er janvier 2028 : interdiction de louer un logement classé F
- À partir du 1er janvier 2034 : interdiction de louer un logement classé E
Concrètement, en 2034, seuls les biens classés D, C, B et A pourront être loués sur le marché français. Cette trajectoire pousse les propriétaires-bailleurs à anticiper et les acheteurs à privilégier les biens déjà performants pour éviter des travaux coûteux. D'autres mesures sont également entrées en vigueur progressivement, dont certaines détaillées dans notre article sur ce qui a changé au 1er janvier 2025.
Combien vaut un bien DPE A ou B sur le marché ?
Dans les zones tendues, un bien DPE A ou B se vend en moyenne 5 à 10 % plus cher qu'un bien équivalent classé D, à surface et emplacement comparables. Cette prime peut grimper à 15 % dans les régions où les acheteurs sont particulièrement sensibles à la performance énergétique, notamment l'Île-de-France, la Côte d'Azur et les grandes métropoles.
À l'inverse, les biens classés F ou G subissent une décote moyenne de 10 à 20 %, et de plus en plus de banques refusent purement et simplement d'accorder un crédit immobilier pour ces biens sans projet de rénovation chiffré. C'est dans ce contexte que le marché immobilier actuel devient une opportunité pour les acheteurs de biens éco-responsables à bon prix.
Pour les biens patrimoniaux relevant de la sélection Heritage, la situation est nuancée : la valeur patrimoniale et architecturale peut compenser un DPE moyen, à condition qu'un programme de réhabilitation soit clairement engagé, le cas échéant via un dispositif fiscal type Loi Malraux ou Monuments Historiques.
Où trouver des biens à haute performance énergétique
Les biens DPE A, B ou C constituent le socle minimal de tous les biens référencés sur Sustainable Real Estate. C'est la seule plateforme française à filtrer l'intégralité de son catalogue sur ce critère.
Pour une recherche ciblée, le label durable "Efficacité énergétique" identifie les biens dépassant les exigences minimales — souvent classés A ou B, parfois certifiés Passivhaus ou RE 2020 pour les constructions neuves. La sélection couvre toute la France, avec une concentration de biens performants dans les régions ayant adopté tôt les standards bioclimatiques : Bretagne, Alsace, Auvergne-Rhône-Alpes et Pays de la Loire.
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